1932, Tanta, Egypte - 1966
- 17ème Festival des 3 Continents, Novembre 1995 -
C'est ma jeunesse... c'est mes débuts au cinéma...
c'est un nom qui a affiché "complet" à la sortie de
son premier film "Le pain et le sel".
A l'époque, j'avais cherché à comprendre...
à comprendre le secret du succès... le secret qui
fait d'une personne une "star"...
Et les années passèrent... Je faisais des films...
Elle en faisait aussi... On ne se connaissait pas... Et un jour, on
me demande de mettre en scène un "remake" du "Comte de Monte
Christo" que j'avais tourné dans les années cinquante
avec Samia Gamal... Je pense à Naïma.
Et ce fut notre première rencontre : la rencontre avec la
douceur... la docilité... l'amour du travail... J'ai
rencontré la vedette qui n'a pas d'autre souci que
collaborer avec son metteur en scène... pour "faire
mieux".
Actrice... c'est la comédienne moyenne... Danseuse...
c'est la classe. La grande danseuse sans vulgarité...
décente... gracieuse... interprétant la musique
orientale comme elle doit être interprétée.
Avec Tahia Carioca et Samia Gamal, elle formait le trio de la
"danse orientale".
On m'a dit... C'est normal... C'est normal... Elle vient du
cirque où elle a travaillé avec sa famille... On m'a
dit... On m'a dit...
Ce que je sais... C'est que j'ai rencontré une fille
adorable qui se tuait pour faire mieux... qui avait en elle une
beauté qui voulait se manifester...
Et c'est peut-être ça qui a fait d'elle une
"star".
Henri Barakat,
Réalisateur
Elle est la première danseuse orientale que le monde
arabe a vu en couleur à l'écran, dans "Papa se marie", premier film égyptien en
technicolor réalisé en 1950 par Hussein Fawzi, qui
deviendra par la suite son mari. Au contraire de ses
célèbres collègues, Samia Gamal et Tahia
Carioca, Naïma Akef ne vient pas des cabarets du Caire. Son
apprentissage de la danse s'est fait en même temps que celui
de l'acrobatie, dans le cirque Akef, tenu par sa famille. Fille de
saltimbanques, avec une petite expérience dans la
comédie-théâtrale, Naïma Akef bouscule les
habitudes de ses aînées, dès son apparition
à l'écran en 1949 dans "Le pain
et le sel" de Hussein Fawzi. Consciente de ses atoûts
acrobatiques, elle place d'emblée la danse orientale sous le
signe de la performance physique. Il ne lui suffisait plus
d'être aimée pour la beauté de son corps et de
la création d'une chorégraphie aux multiples formes,
elle rendait en permanence hommage à son public, en lui
offrant l'inattendu d'un geste qui force l'admiration. Cette
volonté d'être toujours spectaculaire, à
l'image d'un footballeur-dribbleur, a permis à Naïma
Akef de défendre une conception constamment instinctive de
la danse orientale. Elle fera école. Dans les années
soixante, elle a eu des émules, dont Zoheir Zaki, celle qui
a inventé le geste limite dans la danse arabe. Jusqu'au bout
la vie de Naïma Akef a été faite de panache ;
elle sera la seule danseuse orientale morte à l'âge de
la retraite, à 37 ans, en 1966.
Nidam Abdi,
Journaliste à Libération
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